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ILE DE LA REUNION

La prise de conscience des effets de l’homme sur son environnement et de la nécessité de mettre en place de nouveaux comportements en vue d’un développement plus durable, devient une réalité à l’Ile de la Réunion.


L’expansion démographique de l’Ile va voir la population actuelle, de 750 000 personnes, passer à 1 million d’ici 15 à 20 ans. Le besoin conséquent en logements et en équipements induits se heurte à la géographie particulière de l’Ile qui offre une surface urbanisable réduite. L’enjeu urbain est donc très fort et il paraît impensable de passer à côté d’une urbanisation « écologiquement correcte ».

La nécessité d’appliquer les principes du développement durable à la construction de la ville et à la construction des bâtiments est ici particulièrement indispensable. La latitude de l’Ile (21°Sud) lui confère un climat tropical humide METEO France. Même si deux éléments viennent modifier cette tendance sur certaines zones (l’exposition aux alizés et l’altitude), la grande humidité de l’air entraîne des amplitudes thermiques journalières modérées autour de températures moyennes « chaudes ».

Le recours à la climatisation est de plus en plus observé, dans le logement et le tertiaire. La « MDE » est donc une nécessité et l’action doit concerner en priorité le bâtiment dont la demande en énergie doit être minimisée. Cette question ne revêt pas qu’un caractère technique. L’acceptabilité d’une absence de systèmes de climatisation classique doit être préparée par une pédagogie et une concertation préalable avec les futurs utilisateurs.

D’après le PRERURE, les bâtiments résidentiels et tertiaires utilisent près de 30% de la consommation d’énergie de l’Ile de la Réunion, correspondant à 35 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Île. L’insularité, qui se traduit par un éloignement des réseaux de distribution énergétique comme ceux que l’on trouve en Europe, tend la relation entre la production et la consommation d’énergie notamment sous forme d’électricité.

L’insularité provoque également un impact considérable sur le choix des matériaux et des composants car la plupart d’entre eux doivent être importés, ce qui, outre le renchérissement de ces produits, aggrave le bilan en énergie grise ADEME de ceux-ci.

Les bâtiments résidentiels et tertiaires sont les premiers consommateurs de ressources en eau ORE. Il est à noter que le réseau des stations d’épuration sur l’Ile est insuffisant. La pression de la construction (200 000 logements programmés pour les 15 prochaines années et 200 000 m2 de surfaces tertiaires supplémentaires) impose une réflexion en amont à la fois sur la capacité de la ressource en eau et sur le traitement des eaux usées.

L’écoulement des eaux pluviales est également une question qu’il convient de traiter avec la plus grande réflexion. En effet, la tendance, depuis de nombreuses années, est à une imperméabilisation de plus en plus importante des surfaces. Il semble que le risque d’augmentation du ruissellement en cas de fortes pluies avec toutes les catastrophes induites échappe totalement aux décideurs de l’aménagement.

Concernant les déchets CERBTP, d’après le plan départemental des déchets du secteur des bâtiments, le bâtiment génère 210 000 tonnes de déchets par an. Afin de limiter ces impacts, il est nécessaire d’agir massivement sur les constructions (neuves et existantes). La Qualité Environnementale, concept apparu dans les années 90, visant à limiter les impacts du bâtiment sur son environnement, tout en assurant aux usagers des conditions de vie saine et confortable, est donc une première réponse à l’ensemble de toutes ces considérations. Elle est aujourd’hui au cœur d’un mouvement important qui concerne l’ensemble du monde de la production du cadre bâti. A l’issue de dix ans de fonctionnement, le concept de construction environnementale est aujourd’hui à maturité en métropole comme à la Réunion, où une série d’opérations s’est inscrite dans cette philosophie. La Région Réunion prône depuis de nombreuses années dans ses orientations stratégiques et politiques le développement durable, avec le développement des énergies renouvelables et la protection de l’environnement. Maître d’ouvrage de nombreux projets de construction – lycées de Saint André 3, du Tampon, de Saint Paul et de Saint Benoît – elle initie des démarches dans ce sens auprès d’autres maîtres d’ouvrages publics avec, par exemple, le programme régional d’écoles solaires. La réhabilitation de la DIREN, la pépinière d’entreprise de l’Etang-salé, le futur collège de Bœuf Mort à la Possession, les écoles en construction de Saint Pierre, Saint Benoît, Saint Paul, les projets de logements à caractères environnementaux initiés par les SEM et certains promoteurs privés, de plus en plus de projets publics et privés intègrent des réponses abouties à des préoccupations environnementales. Or l’engouement des maîtres d’ouvrages, et des architectes pour cette initiative et les premiers retours d’expériences sont autant de raisons d’encourager la démultiplication de ce type de projets afin de répondre au mieux aux enjeux environnementaux de l’île.





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